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Les indicateurs techniques

Les Rentiers
30 janvier 2022
Difficulté : moyenne

Element important de l’analyse technique, les indicateurs sont des données dérivées de l’analyse des cours et permettent de rendre facilement lisible des informations de prime abord pas forcément évidentes. Il en existe une multitude, plus ou moins fiables, et de nouveaux sont régulièrement crées. Nous vous proposons ici de vous présenter les trois les plus courants, ainsi que la façon de les utiliser :

1. Le MACD : moving average convergence divergence

Le MACD, pour « moving average convergence divergence » ou convergence – divergence des moyennes mobiles en français est un indicateur de suivi de tendance basé sur les moyennes mobiles.

Cet indicateur est composé de deux courbes :

  • La première est la différence entre deux moyennes mobiles en base exponentielle. Cette base a l’avantage d’accroitre la sensibilité aux variations des cours, et est donc plus réactive aux changements de prix. Elle est en général représentée en bleu.
  • La seconde est la ligne de signal : C’est elle-même une moyenne mobile de la première ligne, qui répond donc moins rapidement aux évolutions de prix. Elle est en général représentée en rouge

Le MACD peut se configurer selon la durée prise en compte pour le calcul de ces moyennes mobiles, Il est souvent noté MACD(MM1, MM2, MM signal). On utilise souvent par défaut le MACD(12, 26, 9).

Lecture

Le MACD s’interprète de différentes manières :

Tout d’abord, les courbes de l’indicateur peuvent se trouver dans deux zones : négatives et positives, correspondant respectivement à une puissance vendeuse ou acheteuse sur le titre.

Ensuite, comme pour les moyennes mobiles, il faut comparer le croisement des courbes, qui est le signal de changement de tendance. Ce croisement se produit souvent un peu en amont de celui des moyennes mobiles du graphique, et donnent donc un signal plus tôt dans le temps.

Enfin, Le changement de tendance peut être détecté en amont grâce aux divergences sur le MACD : si les cours continuent à inscrire des plus haut mais que cela ne se traduit pas sur le MACD, cela dénote d’un essoufflement de la puissance acheteuse. Les cours ne le montrent pas encore, mais l’indicateur la fait déjà apparaître. On dit alors qu’on est en présence d’une divergence baissière. L’inverse, avec des divergences haussières lors de la fin d’une phase de baisse, est également valable.

Voyez comme sur l’exemple d’Apple ici, la divergence baissière capturée par le MACD a envoyée les cours vers le bas à deux reprises :

le MACD sur les cours d’Apple

2. Le stochastique

Le stochastique, du terme mathématique éponyme, est un indicateur oscillant entre 0 et 100 destiné à détecter si ce sont les vendeurs ou les acheteurs qui ont la main sur le marché.

Il se base sur le fait que dans les tendances de hausse, les prix de clôture sont concentrés dans la partie haute des bougies, et qu’à l’inverse, les prix de clôture sont situés sur la partie basse des bougies lors des tendances de baisse.

Sa formule de calcul est la suivante :

\[\%K = {100 * {((Clôture – plus\ bas\ des\ N\ derniers\ jours) \over (plus\ haut\ des\ N\ derniers\ jours – plus\ bas\ des\ N\ derniers\ jours)) }}\]

Le stochastique est conçu pour osciller dans 3 zones :

  • Entre 80 et 100, c’est la zone de surachat.
  • Entre 20 et 80, c’est la zone neutre.
  • Entre 0 et 20, c’est la zone de survente.

La lecture de cet indicateur est très simple et consiste principalement à regarder dans quelle zone il se situe : contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, les zones de surachat ou de survente ne veulent pas dire que le titre est suracheté et survendu, mais que ce sont les acheteurs ou les vendeurs qui ont totalement la main. Ainsi, un stochastique évoluant en zone de surachat est un fort indicateur d’achat, de même qu’un stochastique évoluant en survente est un fort indicateur de vente.

le stochastique sur les cours d’Apple

Voyez sur ce graphique l’indicateur passant en zone de survente (entouré en rouge) et de surachat (entouré en vert). Comme sur le MACD, il est possible d’utiliser le stochastique pour détecter les divergences, et on en retrouve une sur ce graphe (droites noires).

3. Le RSI : index de force relative

Le RSI, pour « relative strength index », ou index de force relative en français, est sans doute l’indicateur le plus populaire. Il mesure le rapport des tendances à la hausse par rapport à celles à la baisse. Tout comme le stochastique, il évolue en 0 et 100%, et tout comme lui il a trois zones distinctes :

  • Entre 70 et 100, c’est la zone de surachat.
  • Entre 30 et 70, c’est la zone neutre.
  • Entre 0 et 30, c’est la zone de survente.

Il se calcule selon la formule suivante :

\[RSI = {100 – {100 \over {1 + {moyenne\ des\ clôtures\ en\ hausse \over moyenne\ des\ clôtures\ en\ baisse}}}}\]

De même que pour le Stochastique, les zones de surachat ou de survente ne veulent pas dire que le titre est suracheté et survendu, mais qu’il suit une tendance solide qui a toutes les chances de se poursuivre.

le RSI sur les cours d’Apple

Dans sa configuration la plus partagée et fournie par défaut par les outils d’analyse technique, le RSI est souvent un peu moins réactif que le stochastique. Sur le même graphique, voyez comme le stochastique s’es retrouvé en zones de surachat ou survente alors que le RSI n’a pas détecté de tendance assez forte pour répliquer cette information.

On retrouve en revanche toujours la même divergence entre les cours et l’indicateur, annonciatrice de la baisse à venir.

Conclusion

Nous vous avons ici présenté trois indicateurs populaires. Ces indicateurs portent le nom d’oscillateurs, car ils consistent en des graphiques oscillant autour ou entre plusieurs points.

D’autres types d’indiateurs existent, dont certains prennent place directement sur les graphiques de prix, comme les bandes de Bollinger ou les nuages d’Ichimoku. Certains sont inventés chaque jour, plus ou moins complexes. Des startups se sont même spécialisés dans la conception et la vente d’indicateurs plus poussés, pouvant parfois inclure de l’intelligence artificielle.

Il peut être tentant de s’aider d’un maximum d’indicateurs avant de faire ses choix. Comme souvent en bourse, passé un certain stade, avoir trop d’informations se résume à plus avoir d’information du tout. Il est souvent sage de choisir quelques indicateurs avec lesquels on est à l’aise et de se couper des autres afin d’éviter de créer trop de bruit avec des données qui finiront nécessairement par se contredire les unes avec les autres.

Les Rentiers n'est pas reconnu comme un acteur professionnel de la gestion de patrimoine ou comme conseiller en investissement. Dès lors, tous les conseils et recommendations donnés sont réservés à un usage exclusif de divertissement.
Vous devez toujours réaliser vos propres recherches avant toute décision d'investissement.